Compte Rendu : Rencontre sur les relations entre frères et sœurs du 30 juin

Nous étions 12 parents accompagnés de nos bambins, à venir échanger sur notre vécu et les relations entre nos enfants à la ludothèque de Montigny les Metz.

Un tour de table a permis à chacun de se présenter, et d’indiquer le nombre d’enfants composant sa famille.

Afin de permettre à tous de s’exprimer, nous avons répondu ensuite à 2 questions, permettant ainsi de poser la base de nos échanges futurs , à savoir :

  • Quel est, pour vous et votre conjoint, la plus grande difficulté rencontrée lors de votre quotidien avec vos enfants ?
  • Quel est, pour vous et votre conjoint, ce qui fait la force de « votre » fratrie d’enfants ?

Parmi les réponses apportées par chacun d’entre nous, à la 1ère question, les réponses ont été les suivantes :

  • Accorder à chacun du temps individuellement et équitablement ,
  • Le besoin éprouvé par l’aîné de garder ses jouets,
  • La difficulté en tant que parent et témoin, de prendre du recul par rapport aux conflits survenant entre nos enfants ; la conscience du parents que son intervention accentue le conflit, sans pourtant s’en empêcher,
  • Les mots employés par l’aîné, mots de désamour envers le bébé : « je l’aime pas ! », « je voudrais le mettre à la poubelle »
  • Les régressions de l’aîné : besoin de prendre une tétine, de dormir dans son lit de bébé, de mordre, de se réfugier dans les pleurs lorsque le langage est acquis,
  • La violence physique,
  • Les violences psychologiques (blâmes, moqueries, insultes…)
  • Gérer la jalousie qui s’exprime envers le parent (conflits relationnels, « non » fréquent et systématique).

Pour la seconde question :

  • Les marques d’affection spontanées,
  • 1ers éclats de rire avec un grand frère,
  • Le fait que l’aîné intègre le bébé dans ses actions et dans la sphère familiale : par exemple, aller raconter au bébé ce qu’il fait, ou lui montrer son dessin,
  • La stimulation de l’aîné par rapport au petit, entrainant entre eux de la complicité,
  • Lorsque l’aîné apprend au cadet comment faire (laçage de chaussures…),
  • Le partage de connaissances,
  • L’auto-gestion de leurs conflits.

Chacun a ensuite évoqué les solutions mises en place dans sa famille.

  • Céline a proposé à son fils, fâché et frustré qu’elle ne puisse  accéder à sa demande parce qu’occupée avec sa petite sœur de 5 mois, de prendre un papier et un crayon et de dessiner sa colère, plutôt que de crier et taper par terre.
    Cela a permis à ce petit garçon d’être entendu dans son sentiment, le dessin a été repris ensemble, et la colère est ensuite rapidement retombée.
  • Lorsqu’un enfant demande à son parent d’intervenir, certains adultes ne savent pas quelles positions adopter ; lorsque nous ne sommes pas nous-mêmes témoins d’une scène de conflits, notre position peut amplifier ou construire un sentiment d’inégalité entre les enfants.
    C’est en ce sens que Delphine et Chloé témoignent qu’elles n’interviennent pas en cas de conflit, quitte à s’isoler ou sortir de la pièce, afin de laisser leurs enfants le gérer. Et lorsqu’un enfant les sollicite comme « arbitre », écouter et accueillir ses sentiments, en reformulant les sentiments éprouvés par l’enfant.
    De même, nous sommes nombreux à demander à nos enfants en conflits, de s’adresser à l’autre avec un message « je » : « JE n’aime pas quand tu entres dans ma chambre sans frapper, çà me dérange. »
  • La question de la violence physique a été abordée, elle est intolérable et difficilement acceptable pour chacune d’entre nous.
    Nathalie a réalisé avec ses enfants de 5 et 3 ans, un panneau sur lequel il a  été noté, aux termes d’une réflexion commune, qu’il fallait sortir de la pièce quand l’envie de frapper était trop forte. Et lorsque le coup était parti, demander pardon ou s’excuser. Même si pour l’instant, l’application de cette formule n’est pas optimale, elle a le mérite d’avoir généré de la réflexion et permis une dynamique familiale.

Dans cet exemple, le fait de connaitre les habiletés décrites par Faber et Mazlish dans leur livre « parler pour que les enfants écoutent » aide dans notre pratique quotidienne.

  • Quant aux différents besoins de régression, les échanges ont permis de noter que chaque enfant passe par cette phase, notamment lorsqu’il a besoin d’être rassuré sur sa place dans la famille.
    A ce titre, nous pouvons citer la définition d’ Anne BACUS, psychologue : «  la progression psychologique d’un enfant n’est pas linéaire. Il s’agit d’une ligne brisée, constituée de différents paliers. Il est donc tout à fait naturel, à certains moments de sa vie, de sembler faire machine arrière pour revenir à des comportements antérieurs. On appelle régression, tout comportement qui semblait acquis et qui a disparu. Or, ce n’est pas parce qu’il y a retour en arrière qu’il y a forcément régression. « 
  • Quant au besoin de donner le même temps à tous ses enfants, certains d’entre nous assument de donner du temps différemment à chacun, et ne cherche pas à combler forcément et individuellement, un besoin que l’enfant ne manifeste pas toujours.
    Tout comme il apparaissait qu’ un achat pour l’un d’entre eux, n’était pas forcément synonyme d’achat pour tous.

Nous avons également évoqué les moments mis en place pour gérer les conflits ( conseil de famille notamment), ainsi que l’usage de la résolution de problèmes lorsqu’une situation est récurrente et semble dans l’impasse.

Nos propres relations avec nos frères et sœurs durant notre enfance, notre expérience de ce lien particulier, peuvent aussi influencer nos réactions par rapport aux comportements de nos enfants entre eux ; il nous est apparu qu’il fallait se détacher de notre vécu, pour pouvoir appréhender sereinement les relations de nos enfants. Chacun remarquait qu’il ne souhaitait pas reproduire ce que lui-même vivait, ou le comportement de nos parents.

Je remercie tous les parents présents de leurs interventions, qui ont alimenté une rencontre riche en témoignages et en partage d’expériences. Nul doute que le sujet passionne chacun d’entre nous, tant les questions sont nombreuses sur le bien-être de nos enfants, et de l’harmonie de leurs relations; harmonie conditionnant aussi notre bien-être à nous, parents, conscients qu’une relation vécue 24 heures par jour ne peut pas être sans accrocs, mais dans le respect de chacun.

Un grand merci aussi aux enfants, qui par leurs jeux multiples, nous ont laissé parler entre adultes !

A bientôt

Delphine